Parfois on est tous dur et exigent avec nous même, certains plus que d’autres. S’ auto-critiquer, se reprocher toute la journée juste parce que quelqu’un vous a fait une petite remarque. Le fait de se dire « je suis nul » peut nuire au moral et physique d’une personne. On est bien souvent notre pire ennemi.  Et si on était plus indulgent avec soi-même ?

Le philosophe Fabrice Midal explique que : « En nous refusant le droit à l’erreur, en nous soumettant sans cesse à une évaluation chiffrée, au mépris de notre dimension humaine forcément plus fragile, le monde actuel nous prive de notre précieuse humanité envers nous et envers les autres. Certains pensent qu’en se parlant durement ils vont ainsi garder une maîtrise sur eux, se tirer vers le haut, ce qui est une parfaite illusion. Mais la crainte de devenir faible se niche au cœur de ce manque de compassion envers soi-même».

Le fait d’être dénigrant, de ne pas prendre soins de soi, n’est pas un comportement normal, plusieurs facteurs du passé peuvent être à l’origine de cette autoflagellation permanente. Le fait d’avoir eu des parents dévalorisants, empêche l’enfant, une fois adulte, de s’estimer et d’avoir une certaine gentillesse et tendresse envers lui-même. Selon Marie-Laure Colonna, philosophe et psychiatre, l’éducation « joue un rôle important dans cette tendance à l’autoflagellation, elle participe à l’édification d’un surmoi plus ou moins sévère. Si nous avons eu des parents trop exigeants ou malveillants, nous allons avoir tendance à adopter leur point de vue critique, par un phénomène bien connu d’identification. »

Le fait de se rappeler combien on est mauvais, ne fait que compliquer les choses au lieu d’aider. Les spécialistes insistent sur le fait d’être gentil avec soi-même, de se dire des mots d’encouragement peut aider une personne à aller de l’avant, au lieu de s’ auto-critiquer tout le temps. Fabrice Midal explique qu’ « Il existe une façon de se blâmer tout à fait stérile, sur l’air de “je sais, je suis nul”, qui évite surtout de se laisser atteindre par ce qui nous arrive. Ce n’est qu’en accusant réception de nos émotions que nous pourrons commencer à être bienveillants… J’accepte d’éprouver de la peine, même envers ce qui me déplaît en moi, car me vouloir sans défaut ne fait que me miner plus encore ». Voilà qui est dit, maintenant arrêtez de critiquer tout ce que vous faites, et soyez plus gentil avec vous-même, ça vous aidera à avancer !!